Le risque perçu par le pratiquant est souvent en décalage avec le risque réel de la tâche. D’une manière générale, on peut définir deux types de comportement dans l’apprentissage d’une figure acrobatique en ski freestyle :
Dans les deux cas d'un achat ski freestyle, le fait d’avoir une représentation fausse du risque encouru augmente encore plus celui-ci. Pour cette raison, la notion de représentation est centrale dans l’apprentissage d’une figure acrobatique, l’objectif pour le moniteur étant de faire en sorte que le pratiquant ait une idée la plus juste possible des risques engagés.
L’environnement affectif est le contexte global dans lequel le pratiquant se trouve en situation d’apprentissage. Il doit se sentir bien et avoir confiance en lui et pour cela, la prise de conscience du risque réel est incontournable. La finalité, pour l’enseignant, est toujours de dédramatiser la situation afin de placer le pratiquant dans un contexte affectif optimal. La progressivité de l’apprentissage prend ici toute sa valeur afin d’éviter le plus possible la mise en situation d’échec, voire de chute du pratiquant. Le dialogue entre le moniteur et l’élève est primordial, tout comme la connaissance des caractéristiques et de la personnalité de l’élève afin que le moniteur puisse adapter son discours et sa pédagogie.
L’engagement est une qualité primordiale. Si le pratiquant n’est pas disponible mentalement (car stressé ou appréhendant la chute), il ne pourra pas se concentrer sur les actions à réaliser, la trajectoire à suivre... En half-pipe notamment, la notion d’engagement détermine tout ou partie de l’apprentissage et de la progression. C’est un aspect dont il faut parler avec les élèves.
Lorsque le pratiquant est perturbé affectivement à l’approche du saut, il est sujet à subir l’une des réactions types suivantes :
Système vestibulaire
Il est situé dans l’oreille interne. Son rôle est de transmettre au système nerveux central les informations concernant la position de la tête par rapport à la verticale et au corps. Il renseigne en permanence sur les mouvements autour des trois axes (transversal, longitudinal et sagittal) et permet de se situer dans l’espace.C’est lui qui permet de distinguer les
accélérations, décélérations et rotations. Par contre, il ne donne pas d’informations sur les mouvements à vitesse constante
Système kinesthésique
Les mécano-récepteurs Ils sont situés dans les muscles, tendons, articulations... Ce sont eux qui donnent la possibilité de localiser la position des segments et d’évaluer leur déplacement sans contrôle visuel. Ces informations kinesthésiques sont primordiales pour le contrôle du geste et la régulation de l’équilibre Rôle de la position de la tête sur la posture La position de la tête, à travers les mécanos récepteurs situés dans la nuque, a un rôle de premier ordre sur la posture. En effet, le fait d’avoir la tête en flexion induit une posture du corps en fl exion (cassé du buste), tout comme une position de la tête vers l’arrière induit un réfl exe d’extension de tout le corps (corps cambré). Ainsi, la position de la tête est un des points à observer en priorité lors des fi gures acrobatiques et permet souvent d’expliquer et de corriger des problèmes de posture en l’air.
Système visuel
La vision centrale
Elle permet l’identifi cation consciente et précise des formes, de même que la détection des changements de position. De ce fait, la vision centrale est le support directionnel du mouvement (le regard dirige le geste), ce qui explique pourquoi elle est utilisée pour prendre des repères en début et en fi n de saut.
La vision périphérique
Elle est responsable de l’analyse des déplacements et de l’orientation spatiale. Elle opère inconsciemment et contribue au contrôle fin des mouvements. Son rôle est donc équilibrateur et postural.
La notion de balayage visuel
Le balayage visuel désigne, lorsque le pratiquant est en rotation dans l’espace, le fait de chercher à se repérer en fixant tout ce qui défi le devant lui en utilisant
la vision centrale. Or le système nerveux central n’est capable de traiter qu’un nombre d’informations limité venant de la vision centrale. Ainsi, le balayage visuel sature le centre de traitement en informations et provoque une perte de repères. C’est pourquoi il faut l’éviter et, lorsque cela tourne trop vite, prendre un repère sur soi (repère égocentré) : par exemple regarder son engin, ses pieds ou ses genoux...